INOUIT

INUIT

    Inuit, peuple premier, qui ignore la maladie lui aussi, mais dans quelles conditions ! Ils sont environ 150 000 à vivre près du pôle nord, au Groenland sous souveraineté Danoise, au Canada, en Alaska et en Sibérie d’où ils son r originaires.

A Umanaq, ce qui signifie le cœur (car la montagne qui surplombe la ville y a la forme anatomique du cœur) sur la côte nord ouest du Grœnland, face au Canada.

A Umanaq donc, le jour dure deux mois et demi l’été, et à l’inverse la nuit a la même durée, quand le soleil regarde le pôle sud.

L’Arctique, (qui signifie en grec le pays des ours) est au delà du 66e parallèle. On est dans la zone polaire. Regard de l’ethnologue et du médecin ! A mon retour de ce voyage fabuleux, je suis dans la lecture du 7e livre des récits Arctiques de plusieurs sagas mêlant les européens et les Inuits ainsi que de leurs voisins des forêts : les Indiens

Inuit, les Eskimo de mon enfance : cette appellation est devenue politiquement incorrect car c’est comme cela que les Indiens plus au sud  nommaient ce peuple; Eskimo signifie « mangeur de viande crue »

Inuit, eux mêmes se nomment les « vrais hommes ».  Une de leur saga, décrite par l’écrivain Danois JORN RIEL, se déroule  à l’époque des premières rencontres avec les européens venus s’installer sur les terres au sud de la plus grande île de la planète (quatre fois la surface de la France). Au sud de Kalalit Nunaat, c’est le nom du Grœnland dans la langue des Inuit, entre  la calotte glacière et la mer, les européens, des viking, seront éleveurs et agriculteurs.

Dans cette saga, le peuple Inuit est nomade : à l’âge de pierre, ils connaissent l’arc, mais pas le fer sauf des éclats ferreux de météorite ; leurs outils : le harpon, le couteau de silex ou d’os et les aiguilles d’os, si importantes pour la couture que pratiquent les femmes.

 L’homme valable et recherché, pour fonder un couple, est chasseur ; la femme est couturière. Ils sont nomades donc, avec des poses  dans des habitats (quand la chasse et le pays leur plaît), mais leur goût du voyage les poussent à partir, même quand ils sont dans des pays favorables car ils ont en eux l’attrait des nouveaux pays. Chasseurs d’animaux terrestres, ils ont probablement poursuivi le bœuf musqué depuis la Sibérie jusqu’au nord du Groenland et aussi des mammifères marins comme les baleines. La pêche est réduite, mis à part quelques truites et saumons dans les rivières, et des moules.

 Donc ils mangent la viande crue et chaude quant la bête vient d’être sacrifiée le reste sera congelé naturellement (vu le climat), puis bouilli. Les peaux sont très précieuses, rien n’est perdu : lièvres blancs pour les sous vêtements, perdrix aussi ;  phoques, narval, caribous servent à faire des tentes, à se vêtir, à se chausser, à faire des couvertures car ils dorment nus entre deux peaux, à même la glace. Les peaux servent aussi à faire des kayaks et des bateaux plus grands pour naviguer l’été. Cela permet le transport de la famille, des chiens, des réserves d’aliments et de graisses pour produire la lumière, cuire les aliments et se chauffer. Les hommes sur leurs kayaks ouvrent la voie et chassent. Ces bateaux sont mus par des rameuses, et il est important d’en avoir de solides pour les grandes voies migrations.

Les Igloos, terme qui veut dire maison dans leur langue, sont en pierre et en tourbe au Grœnland, avec une entrée étroite, après un long tunnel pour protéger du froid, mais aussi d’un intrus indésirable, l’ours, pour qui les humains sont de la viande sur deux pattes. Immenses les ours blancs ; c’est le plus grand carnivore terrestre, il est tout blanc, sauf la truffe toute noire et la plante du plantigrade. (Il est très voisin de son parent l’ours brun).

 La fourrure est utilisée  pour faire les culottes des chasseurs. Tuer un ours est l’acte suprême qui donne au chasseur estime et admiration, car les femmes apprécient le «  Pourvoyeur », son compagnon qui leur assure la nourriture. S’il est excellent, il aura peut-être deux ou trois femmes, car on ne laisse pas une veuve seule.

 Les femmes sont soumises, et doivent accepter l’« échange » si tel est le désir du pourvoyeur ; quand ils croisent un autre groupe de nomades. Vous avez bien compris, ils sont adeptes de l’échangisme. Ainsi  vivent deux ou trois familles, car il faut trois ou quatre rameuses pour un bateau en été.

L’hiver, les déplacements se font sur la glace avec les chiens de traîneau qui courent sur la banquise, et qui eux aussi sont nourris de la viande de phoque qu’ils avalent parfois congelée.

 Les chiens sont en rapport de force avec l’homme.  Attention, si l’homme  est faible il se fera dévorer par les bêtes.

Au fur et à mesure que j’avance dans la lecture de ces migrations, qui se sont faites depuis cinq mille ans ou plus, la maladie n’est jamais nommée.

Parfois «  l’esprit d’un enfant quitte son corps » ; il y a aussi des accidents très nombreux. Attention aux ours et aux trous dans la banquise, c’est pour cela que les attelages de chien se font en éventail ou en faisceau de dix à vingt bêtes, car l’attelage en ligne serait fatal, si le premier chien tombait dans un trou !

  Une question me poursuivait pendant mon séjour polaire estival où le soleil ne se couchait pas : mais comment se passe la nuit polaire ? J’ai eu la réponse avec un  grand viking qui a élu domicile depuis onze ans à Umanaq, et il  me répond tout jovial : «  il y a les étoiles et aussi la lune qui éclaire la glace et la neige ». Depuis lors je regarde la nuit autrement, surtout la pleine lune qui voisine avec Jupiter en cette nuit dégagée de Novembre où j’écris ce texte ; je suis bien couvert, face au vent sur les hautes falaises de mon pays de Caux natal où je fais maintenant une promenade quotidienne dans la nature la nuit, avec des bottes et une parka en pensant aux amis que j’ai laissés la bas. Il y a du plaisir à aller rencontrer les éléments, le vent, le froid, la pluie, la nuit et à revenir au chaud pour écrire ces lignes.

Les nuits dans les Igloo (Maison) sont agrémentées par les conteurs qui y sont particulièrement appréciés, surtout les conteuses, même si celles-ci  doivent se faire supplier, car la place des femmes est d’être effacée. Nul n’est vantard chez les Inuit, au contraire la modestie y est poussée à l’extrême ; celui qui invite à manger parle de son modeste repas (même si la viande est très abondante) et la conteuse dira de même que son histoire n’est pas très intéressante. Ils racontent les voyages, les chasses, les ancêtres, aussi loin qu’ils peuvent se souvenir de leur nom, tels qu’on les leur a racontés dans les veillées. Et surtout ils rient beaucoup ; d’ailleurs quand un homme et une femme s’apprêtent à avoir une relation on dit qu’ils vont « rire ensemble », et tout le monde est content dans l’Igloo d’à coté, sauf si la femme a été « volée » à l’un d’eux, et là, c’est une autre affaire ; la « petite affaire » peut prendre des tournures dramatiques et aller jusqu’au meurtre. Celui qui a tué sera respecté ; peut-être admiré.  C’est un peuple de chasseurs : on tue pour vivre. Par contre on remercie l’animal d’avoir donné sa chair. Cela fait penser aux dessins d’animaux chassés représentés dans les grottes ornées genre Lascaux ou Chauvet, dont la signification n’est pas totalement élucidée. Il n’y a de place pour aucune forme de faiblesse.  Tout comme l’animal chasseur prédateur va saisir l’animal du troupeau qui traîne ; c’est celui-la qui va être sacrifié et éliminé.

Il y a aussi des famines si le chasseur n’est pas adroit, ou si il ne sait pas rencontrer les animaux. Dans les famines extrêmes, les enfants en bas âges vont être sacrifiés, pour que les aînés puissent survivre.

Quand les personnes âgées (la soixantaine) se sentent inutiles et à charge, bouches en trop à nourrir, la personne qui décide d’arrêter de vivre va aller sur la glace et retirer la paille dans ses chaussures. Elle se dévêt et le froid va faire son œuvre. Parfois c’est le fils qui conduit sa mère en la portant sur la glace, dans d’autres cas il la jette du haut d’une falaise. La vie des peuples nomades ne laisse aucune place pour les faibles, et ils le savent. La formule est consacrée, et dite à la troisième personne par celui ou celle qui va mourir : « on a décidé d’arrêter de vivre ». Déjà chez les Bushman, très bien illustrés par l’excellent film « Les dieux sont tombé sur la tête », ces peuples nomades, aussi chasseurs cueilleurs du désert du Kalahari, vont abandonner un couple âgé à l’abri d’une grotte, avec une semaine de vivre et d’eau car la famille doit continuer à migrer pour vivre. On peut imaginer la vie en Europe il y a environ 40.000 ans où la population avait la densité des inuit d’aujourd’hui ; environ 40.000 âmes.

Les Inuits encore : Les femmes font la couture avec des aiguilles en os, avec des fils faits de tendons d’animaux ; elles vont coudre jusqu’à l’âge de la presbytie (dès la quarantaine).

Deux, trois ou quatre familles se rencontrent ou se séparent. Il n’y a pas de chef comme chez leurs voisins des forêts, les indiens, car les groupes sont trop petits. Un homme qui veut partir dans une direction demande qui veut le suivre, car il faut trois ou quatre rameuses l’été pour naviguer dans les grand bateaux de peau le long des côtes.

Les rencontres d’un autre groupe sont l’objet d’inquiétude et/ou de joie. Sont-ils armés quand ils approchent ? Ou bien arrivent-ils pour partager ? Dans ce dernier cas cela se passe dans la fête, autour de l’abondance de la nourriture quand il y en a ; viandes cuites ou viandes congelées. Après les repas les hommes ont des désirs pour les femmes nouvellement arrivées ; les hommes en parlent entre eux. Le plus souvent ils sont prêts pour des échanges si les hommes sont d’accord comme je l’ai déjà écrits. Les femmes, le plus souvent n’ont pas leur mot à dire, se soumettent et vont « rire ensemble » avec l’homme qui les a choisies. Par contre les groupes très petits et trop longtemps isolés vont être confrontés à l’inceste et à la consanguinité (ce qui est très rare). Les baleiniers arrivés il y a quelques siècles ont été invités, et du sang neuf a circulé.

Il y a eu aussi des pillages, razzias venues des indiens, peuples des forêts plus au sud pour la nourriture, et aussi pour les femmes qui sont emmenées en esclavage. Le plus souvent elles vont s’assimiler ; de même des Inuit vont garder des femmes d’indiens venus les piller quand ces derniers ont été vaincus. Voilà peut-être encore des images de ce qui a pu se passer en Europe il y a quelques dizaines de milliers d’année ; du cannibalisme et aussi des actes magiques quand il s’est agi de manger le foie de son ennemi

Mes sources après ce voyage sont issue de l’auteur Danois JORN RIEL parti dans la partie la plus isolée du nord-est de la plus grande île du monde et aussi la plus proche du pôle où il est allé vivre à 19 ans, pour une vingtaine d’années dans les années trente. Il y a aussi le français Jean Malaurie, qui est parti en 1950 dans l’extrême nord ouest à Thulé, qui est l’habitat naturel et ancestral le plus proche des pôles. Il y a vécu comme les Inuit dans une communauté de quelques centaines d’êtres humains qui avaient perdu tout contact avec les autres de leur ethnie et qui se croyaient les seuls habitants de la terre quand ils ont été découvert en 1818 par des Européens.

Il y a une mythologie comme chez tous les peuples. Ils parlent d’un temps où les animaux parlaient.

La mort est vécue avec sérénité Il y a une « bonne place » dans le monde des esprits pour les bons chasseurs et aussi pour les femmes qui ont fait de beaux tatouages sur leur peau ; tatouages faits avec de la suie introduite dans les couches de la peau. Les autres iront au pays des « têtes tristes ». On ne prononcera pas les noms des morts (pour ne pas attirer les âmes errantes).

Il y a aussi les shamans qui  ont la possibilité de quitter leur corps et de trouver les troupeaux à chasser, de voir les pays alentour, de rencontrer des « conseillers » qui vont les guider dans leur migration. Le shaman entre en transe après avoir pratiqué des chants, et s’être « enivré » et étourdi avec les battements des tambours. Cette ivresse, malheureusement, a été introduite artificiellement, avec les boissons alcoolisées apportées par certains européens pour abuser de ces peuples. L’alcool, ils n’y étaient pas préparés, beaucoup y ont sombré et ces ethnies millénaires, ces mémoires humaines ont parfois été détruites.

 Imaginez des humains du troisième millénaire arrivant chez les « artistes ou shaman » qui dessinaient à Lascaux, à Cosquer ou à Chauvet !

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21e  siècle : ils vivent aujourd’hui dans des maisons hyper chauffées, fast food  (aliments gras, salés, sucrés, conserves), fusils, motoneige, portable, cigarette café……désoeuvrement et alcool déjà nommé.

Les enfants n’ont plus l’admiration pour leur ancêtre, surtout s’ils sont désoeuvrés et alcooliques ; la délinquance est à l’affût…Le Danemark est riche en finance et maintient ce pays sous perfusion ; gardons le moral parce que le pire n’est jamais certain !

J’ai rencontré un éducateur magnifique dans un foyer pour enfants maltraités : fort physiquement, émotionnellement et fin psychologue : il avait tous les atouts. Trente adultes s’y occupent de 25 enfants.

Ils sont aussi initiés à la chasse, pour revaloriser les valeurs de leurs ancêtres.

 Les enfants pratiquent la méditation avec l’éducateur (un être jovial), et il le faut.

Et surtout, surtout  SURTOUT, dans ce foyer que j’ai visité :

Ils ne sont pas drogués ou gavés de médoc, de médicaments chimiques : ils ne reçoivent aucuns médicaments chimiques brevetés m’a dit le psychologue (genre antidépresseurs, anxiolytique ou somnifère) ! Mais pratiquent la méditation avec l’éducateur

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En été il y a des baies, myrtilles, coumarines, corneilles, champignons ; voilà pour les végétaux ; ils mangent aussi des salades de mer qu’ils trouvent  dans l’intestin des phoques qu’ils viennent de chasser.

Ils mangent beaucoup : de la viande crue ou cuite et de la graisse, qui est  très utile pour vivre par des froids extrêmes, et de ce fait leur faciès est arrondi. J’en ai rencontré un  qui est le sosie du Dalaï Lama ; c’est normal, ce sont des mongols, et les tibétains sont des tibéto mongol qui ont assimilés trois cultures : le bouddhisme, le taoïsme et le shamanisme : la spiritualité première.

Les inuit sont devenu Luthérien au Grœnland ; le mobilier des églises y est bleu ciel et Jésus sur les images pieuses y parle naturellement la langue des inuit.

 Il y a aussi les évangélistes qui arrivent sur leur bateau pour y faire des conversions.

J’y ai rencontré une femme universitaire très croyante et pratiquante. Elle était fière que ses trois enfants soient dans des universités au Danemark, mélangés avec les européens, et non pas dans les universités, d’un plus faible niveau, pour les Inuit au Danemark.

 La lecture « des derniers rois de Thulé » de Jean Malaurie est une sommité que je déguste lentement, et qui recoupe l’écrivain Danois J. Riel

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One Response to INOUIT

  1. Izoard says:

    il y a plus de trente ans que j’ai lu Jean Malaurie: c’est un très grand savant des déserts ou très chauds ou très froids. On admire que Dieu ait permis que la vie y fleurisse quand même.
    Bien amicalement.

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